Actus Art

Côte Basque Madame N°31

© M.Toussaint

Coup de théâtre

“ J’AI DES DOUTES “ – François Morel et Raymond Devos à Biarritz

Chronique scène de Jean-Philippe Viaud

« Qui ? » me lance la gentille mamie, assise à côté sur la murette.
« Morel, François Morel, vous connaissez ? »
« Non, je ne vois pas. »
« Et Devos ? Raymond Devos ? »
Ouf, c’est un oui, franc et spontanée qui titille mes oreilles, c’est une fan.

Alors je lui explique, avec un grand sourire, qu’il y a en ce moment un comédien auteur, François Morel, également metteur en scène, chanteur chroniqueur radio, etc., qui lui rend hommage à sa façon, au travers d’un spectacle aussi drôle que poétique. Il nous entraîne dans la magnifique folie absurde de maître Devos.

Actuellement en tournée, ils seront à Biarritz le 19 février 

Un remarquable moment d’imbroglio littéraire et musical

Elle me raconte alors qu’il y a une trentaine d’années, elle l’avait vu sur scène, et n’avait jamais oublié ce grand moment, tant elle avait ri. Et bien croyez-moi, ajoutai-je, avec cette création : “ J’ai des doutes “, le Raymond, il doit agréablement se marrer, car c’est bien du petit lait que notre Morel boit et offre à son public, à chaque entrée en scène. 

Il a fignolé là un remarquable moment d’imbroglio littéraire et musical, parfaitement contrôlé. Avec un non-sens kafkaïen, aux accents de Marcel Aymé, il nous plonge avec intelligence, dans le fabuleux univers parallèle de l’humoriste.

Ici, c’est du grand art, c’est la classe, l’élégance et la générosité.

Entre sketches et chansons, la cocasserie de Devos plane avec le tendre burlesque de Morel. La force des mots mêlée à la finesse de dérision de leurs propos, sert de courant ascendant pour porter au plus haut ce magistral exercice de haut vol verbal. C’est jubilatoire.

Accompagné au piano par son complice, compositeur des musiques, Antoine Sahler, Morel transcende son personnage avec de subtiles nuances de clowneries qui n’appartiennent qu’à lui. Tout comme Devos, n’est pas Morel qui veut. Ici, c’est du grand art, c’est la classe, l’élégance et la générosité. 

Quand le désopilant Raymond Morel flirte avec l’irrationnel François Devos, Mesdames, Messieurs, je n’ai aucun doute, c’est une apothéose littéraire.  

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