Coté Océan

Côte Basque Madame N°26

Crédits Photos : Sébastien Minvielle

Ma Ville à Moi

Guéthary sous les yeux de Frédéric Beigbeder

Par Anne Paillot

Celui qui disait jadis « Je mourrai au Flore », a quitté Paris en 2017, délaissant Saint-Germain-des-Prés pour couler des jours heureux à Guéthary, le village de son enfance. Rencontre avec le désormais nommé « Freddy de Guéthary, le surfeur sans planche ! ».

Pourquoi avez-vous choisi Guéthary pour vous la couler douce ?

Je n’ai pas choisi Guéthary, c’est Guéthary qui m’a choisi. Mes parents passaient leurs vacances dans des villas l’une en face de l’autre. Ils sont tombés amoureux un été et se sont mariés à l’église SaintNicolas à côté du cimetière où mes grands-parents sont aujourd’hui enterrés. Mon existence même est liée à ce village.

« Agitateur culturel », vous ne vous ennuyez pas loin de la capitale ?

Je n’ai pas l’impression d’être dans un endroit endormi, bien au contraire, je trouve la côte basque très créative et animée. Je suis heureux de participer à cette dynamique. Avec Frédéric Schiffter, nous avons créé l’année dernière un prix littéraire à Biarritz, le Prix Maison Rouge. J’ai soutenu la réouverture du mythique cinéma Getari Enea et chaque année, je participe avec bonheur au festival littéraire Les Belles Pages de Guéthary. 

Vous avez lancé le 25 juin dernier une vodka organique, le Philtre, déjà saluée par la critique. Comment est né ce projet ?

Le Philtre est l’aboutissement d’une folle discussion débutée un soir sur la plage de Parlementia, entre mon frère Charles, notre ami Guillaume Rappeneau et moi-même : peut-on concilier hédonisme et écologie ? Comment siroter une vodka sans détruire la planète ? Après deux ans de travail, nous avons créé une vodka ultra-premium, bio et éco-responsable à base de blé bio, d’eau de source de Gensac, sans aucun additif ni sucre ajouté, distillée à Cognac en collaboration avec Maison Villevert. Elle est conditionnée dans la première bouteille au monde fabriquée à partir de déchets de verre recyclé ! (www.lephiltre.com

Vos premiers souvenirs de vacances au bord de l’océan ?

Le parfum des beignets aux abricots bien gras qui dégoulinent sur les doigts, les journées passées à pêcher les crevettes à marée basse sur le plage de Cenitz… Récemment sur cette même plage, je me suis surpris à ramasser un galet plat pour montrer à mon fils comment faire des ricochets, comme mon grand-père me l’avait appris.  Tous ces souvenirs se transmettent de génération en génération. 

Un personnage qui reflète l’esprit de Guéthary ?

Sans hésitation, l’écrivain et poète palois Paul-Jean Toulet. Enterré au cimetière du village, l’auteur des fameuses Contrerimes est venu habiter la maison Etcheberria, à deux pas du café le Madrid où il avait ses habitudes, quatre ans avant sa mort en 1920. Souvent méconnu du grand public, il est, à mon avis, l’un des grands poètes du début du XXe siècle et a imprimé de sa grâce le village. Un de ses vers « Prends garde à la douceur des choses », extrait du poème « En Arles », devrait être inscrit au-dessus du fronton.

On ne peut pas quitter Guéthary sans avoir… ?

…visité l’église SaintNicolas, datée du XVIe siècle, pour apprécier un moment de silence et de pure beauté. Édifiée sur le point le plus haut du village, le panorama à couper le souffle sur l’océan et la côte basque se mérite. Et pourquoi ne pas en profiter pour remercier Dieu pour ce moment suspendu, qu’il existe ou pas…