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Côte Basque Madame N°25

PHOTOS © JAIMY CORCOS

Interview

Uhaina Joly : à fond le surf

PROPOS RECUEILLIS PAR MALIKA GUILLEMAIN

Son beau prénom signifie « vague » en langue basque.
Elle est la fille de l’ancienne surfeuse professionnelle Emmanuelle Joly.

Son lien avec l’océan aurait pu s’arrêter là, sauf que l’Angloye Uhaina Joly, 19 ans, possède le talent et la détermination propres aux sportifs de haut niveau, ce qui en fait aujourd’hui l’un des espoirs du surf français.

À quoi ressemble la vie d’une surfeuse pro ? Elle nous raconte.

Tu as aujourd’hui 19 ans. Quand est-ce que ta carrière professionnelle a commencé ?

UHAINA JOLY : Je suis surfeuse professionnelle et fais partie du WQS (World Qualifying Series) depuis mes 14 ans. NDLR : le WQS est le circuit de qualification du championnat du monde de surf permettant de faire partie du WCT (World Championship Tour), lequel consacre les 38 meilleurs surfeurs mondiaux et 16 meilleures surfeuses mondiales.

Quel est ton palmarès actuel ?

U.J. : En raison des événements sanitaires de 2020, je n’ai pas de classement pour cette année. Toutes les compétitions ont été annulées.

Par le passé, j’ai été quatre fois championne de France, championne d’Europe par équipe et championne du monde par équipe. J’ai également terminé numéro 1 à l’une des compétitions du WQS à Taïwan.

Même si j’ai très envie de me qualifier pour les J.O. ou de faire un jour partie du WCT, je n’ai pas encore d’objectifs précis. Je suis en mode « je vois, je fais de mon mieux ».

❝ Le surf a toujours fait partie de ma vie. Je vais à l’eau avec ma mère depuis mes quatre ans. ❞

À quel moment as-tu eu envie de faire carrière dans le surf ?

U.J. : Le surf a toujours fait partie de ma vie. Je vais à l’eau avec ma mère depuis mes quatre ans. J’ai toujours eu envie de surfer comme elle, mais cela relevait d’abord d’un rêve.

Puis j’ai commencé à faire des stages avec la Fédération française de surf. Un jour, j’ai eu envie de me lancer et ai demandé à ma mère de me mettre au CNED (Centre national d’enseignement à distance, ndlr) pour m’y mettre à fond.

Elle a été mon coach au début. Aujourd’hui, je suis entraînée par le surfeur professionnel Romain Laulhé d’Anglet.

En faisant ce choix de carrière, qu’est-ce qui a changé dans ta vie ?

U.J. :Beaucoup de choses. J’ai arrêté d’aller au collège et de suivre un enseignement classique pour prendre des cours par correspondance.
Cela m’a permis d’avoir plus de temps pour l’entraînement surf et physique, et d’être disponible pour voyager dans le monde entier pour les compétitions.

Une vie qui fait rêver !

U.J. : Oui ! Mais c’est un investissement total. Beaucoup ne tiendraient pas le rythme. C’est une vie très exigeante qui demande quelques sacrifices, pas toujours facile. Plus jeune, j’ai abandonné ma vie de collégienne, mes copines…

Je passais mon temps à l’eau, partais beaucoup à l’étranger, étais peu chez moi. Les voyages sont centrés autour du surf, on navigue entre les spots et le lieu d’hébergement. Il n’y a pas trop de temps pour le tourisme. Mais bien sûr, cette vie là offre aussi des moments extraordinaires et des voyages incroyables.

 

 

 

Où peut-on te croiser à l’eau et voir ta planche rose shapée par RT surfboards ?

U.J. : Je vais très souvent au Club, plage des Sables d’or à Anglet. J’aime aussi la Grande Plage à Biarritz, parfois je file dans les Landes. Tout dépend des conditions.

Qu’est-ce qui te motive
dans ce surf d’élite ?

U.J. : Cela tient déjà à l’essence même du surf, d’une part, un sport qui me procure bien-être et liberté, c’est rafraîchissant. Il y a aussi la glisse, ses sensations. Ensuite, la compétition me stimule parce qu’il faut toujours faire de son mieux. J’aime l’idée de progresser, de mettre à chaque fois plus de vitesse et de puissance dans mon surf. Cela ne m’empêche pas on plus de faire quelques sessions détente avec des copines juste pour le plaisir d’être à l’eau.

Pas de surf pendant le confinement. Comment as tu vécu la situation ?

U.J. : C’était horrible, très dur de ne pas aller à l’eau (rires !). Je n’ai jamais passé autant de temps de ma vie sans surfer.