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Cote Basque Madame N°26

Portrait d'Entrepreneurs

Patatam ou le vide-dressing nouvelle génération

Par Alicia Munoz

Éric Gagnaire est l’un des fondateurs de Patatam, startup bayonnaise valorisant la seconde main dans la filière textile.

Il est plutôt genre franc. « Je suis issu d’une génération peu sensibilisée à l’environnement. Heureusement, grâce à nos enfants, nous devenons plus vertueux ». À 41 ans, ce « serial-entrepreneur » passionné de web, est le co-fondateur de l’une des plus grandes sociétés d’e-commerce de vêtements d’occasion.

Née à Bayonne en 2013, d’abord autour du réemploi des vêtements d’enfants, elle ouvre finalement un rayon féminin en 2017. « Les particuliers nous font parvenir leurs vêtements via un Patabag recyclable pré-affranchi ou une étiquette imprimable. » Afin de ne proposer que des produits de qualité, mais aussi de séduire les retailers, la société refuse ainsi près de 40 % des vêtements envoyés. « Notre valeur ajoutée est de procéder à ce tri qui permet au consommateur de profiter d’un vêtement de qualité et aux revendeurs de garder la main sur la qualité des produits qu’elles commercialisent ». Car en plus d’avoir récemment ouvert une « boutique test » dans la galerie commerçante du BAB2, Patatam est désormais présent dans certaines grandes surfaces qui n’ont pas tardé à comprendre les enjeux financiers de la seconde main.

Améliorer la fin de vie de la filière textile

Les vêtements envoyés par les particuliers qui ne sont pas retenus par l’enseigne peuvent être récupérés par le vendeur ou sont revalorisés par la société. Mais attention, revalorisation ne signifie pas forcément recyclage. « En matière de recyclage textile, les normes sont quasi inexistantes. Les vêtements sont majoritairement brûlés ou exportés en Afrique. Il faut avoir conscience de cette réalité » explique ainsi Éric Gagnaire. Après une forte médiatisation de cette problématique, les marques se mettent heureusement en marche pour améliorer la fin de vie de nos vêtements. 

Sous l’impulsion de l’ESTIA, le programme Chaire BALI permet ainsi de recycler les vêtements en coton en fil, en isolant mais aussi sous forme de coques de téléphone… L’étape d’après ? Faire en sorte que le polyester, composant la grande majorité de nos vêtements, puisse être tout aussi bien recyclé.

Aujourd’hui, face à la demande croissante des géants du textile, la société emploie 40 salariés. Une dizaine de recrutements est en cours afin de répondre aux enjeux à venir. Des transformations qui confortent Eric Gagnaire dans l’idée que « le meilleur déchet est celui qu’on ne produit pas ».