Alain Afflelou

Il est fort, Afflelou !Des slogans éternels, 1400 boutiques dans le monde, Sharon Stone en ambassadrice, un livre Alain Afflelou, passionnément célébrant les 40 ans de sa marque… Le plus célèbre opticien français nous a passé un gentil coup de fil depuis son bureau de Londres, histoire d’en savoir plus sur sa vie professionnelle et son […]

Il est fort, Afflelou !
Des slogans éternels, 1400 boutiques dans le monde, Sharon Stone en ambassadrice, un livre Alain Afflelou, passionnément célébrant les 40 ans de sa marque… Le plus célèbre opticien français nous a passé un gentil coup de fil depuis son bureau de Londres, histoire d’en savoir plus sur sa vie professionnelle et son amour pour la côte basque.

Qu’est-ce qui a insufflé votre remarquable carrière ?
J’ai passé mon enfance en Algérie. Mes parents sont arrivés en France en 1962, au moment de l’Indépendance et de l’exode des Pieds Noirs. C’est un événement qui a marqué ma vie, une grande blessure… Vous savez, mes parents voulaient juste faire vivre leur famille et éduquer leurs enfants.
J’ai assimilé de cet épisode douloureux une sorte d’itinérance. J’ai pris conscience qu’il ne fallait pas s’attacher à un endroit.
Arrivée à Marseille, adolescence à Bordeaux, études d’optique à Paris puis retour dans le Bordelais pour ma première boutique. Toute ma vie j’ai bougé et déménagé sans que cela me pose problème.

Votre livre retrace quatre décennies. Comment résumer chacune de ces périodes ?
1978-1988 : la conquête. On ne sait pas où on va, mais on y va. J’avais envie de faire et de réussir. Je me suis dit : « J’ai lancé la boule, elle roule, maintenant je dois souffler dessus
sans cesse pour qu’elle ne s’arrête jamais ».
Au début, je traversais la France en voiture à la recherche de franchisés. Et j’ai rencontré des gens formidables.
1988-1998 : une dimension nationale. C’est à cette époque qu’est né le slogan « Il est fou Afflelou », que j’ai accepté d’être présent dans les publicités et qu’on a commencé le
sponsoring sportif. On a créé La Forty, puis, apothéose en 1998, l’offre Tchin Tchin.
1998-2008 : une dimension internationale. En 2002, on est côté en bourse, ce qui n’est pas rien dans la vie d’une entreprise. J’achète Carrefour Optique en France et en Espagne et on pose les premiers jalons hors des frontières : Maroc, Belgique, Outre-mer…
2008-2018 : un trait d’union entre ce qu’on a fait et ce qu’on pense faire. Les lunettes personnalisables Smart Tonique cartonnent, on créait de nouveaux produits, on découvre et on apprend toujours.

Et comment voyez-vous la prochaine décennie ?
J’espère que l’on pourra conforter ce que l’on fait, explorer de nouveaux horizons comme le numérique, et anticiper le changement qui s’opère. Je pense qu’il faut prendre du recul sur notre ère en plein bouleversement, la regarder avec humilité, et essayer de s’adapter.

Quel est votre attachement à la côte basque ?
J’y vais depuis toujours. Quand j’habitais Bordeaux, on profitait systématiquement de cette atmosphère « pure » à la fin du mois d’août, avant la rentrée des enfants. Et puis j’ai eu l’opportunité d’acquérir la villa Elhorria, sur les hauteurs de Biarritz (ndlr : ancienne propriété de Karl Lagerfeld). J’y suis venu encore plus régulièrement ensuite. Et je continue à venir, toujours avec un grand plaisir.

Propos recueillis par Christine Vignau Balency