Arty

Côte Basque Madame N°30

Photos © Claudia Lederer

Interview

Mathieu Chavaren à Biarritz : entretien avec un artiste en noir et blanc

Par Florence Lelièvre , Comissaire-Priseur chez Côte Basque Enchère

11h, je suis conviée dans le nouvel atelier de l’artiste peintre Mathieu Chavaren qui m’attend au milieu de ses toiles. Dans cet espace au calme à la campagne, on retrouve d’un côté ses « Pensées », grandes toiles animées de touches mêlant le noir et le blanc, et de l’autre, ses œuvres plus « figuratives » mettant en scène des corps et paysages.

 Il expose depuis quelques années en Europe, au Pays basque et depuis peu en ventes aux enchères publiques. Mathieu Chavaren, on ne l’arrête plus, figure incontournable des soirées de la Côte Basque, il partage son temps entre l’organisation d’évènements et son travail d’artiste peintre. L’occasion de découvrir son univers artistique empli de sérénité, ses influences et sa manière de travailler.

Présente-nous ton travail , dis-nous ce que tu fais dans la vie ?
Parle-nous de ton quotidien.

Je travaille beaucoup dans mon atelier à Arcangues, entouré de mes objets fétiches, mes livres, afin de préparer ma nouvelle collection pour mes futures expositions ici dans cet univers apaisant loin de la foule ; et tous les soirs, je suis aux Bains, à la Côte des Basques à Biarritz, espace terrasse du Café de la Côte appartenant aux frères Lièvremont, pour m’imprégner des gens que j’aime et de l’extérieur. J’aime ce contraste que l’on retrouve dans mon travail.

Explique-moi ton parcours et comment est venue cette envie de peindre ?

Je suis né à Moissac et je dessine et peins depuis toujours.
Mon installation sur la côte basque m’a permis d’entrer à l’École supérieure d’Art du Pays basque et de continuer à développer ma passion, et très vite, j’ai exposé dans des appartements ou chez moi, à la galerie rue Broquedis à Biarritz, tout en travaillant dans différents lieux de la Côte avant de lancer avec mes amis un collectif « Standart » de musique et d’ouvrir le bar « Le Classique » aux halles de Biarritz. 

Dès 2015, j’enchaîne les expositions entre la France, l’Australie, la Chine et l’Europe avec ma collection « Les Pensées » devenue « Langage intérieur », toiles-écriture en touches noir et blanc que l’on tend à l’infini ; l’utilisation de cette technique nous rappelle les techniques d’Henri Michaux ou l’outre noir de Soulages et bien d’autres.

Ces œuvres-là ont été aussi réalisées en lithographies chez Idem à Paris.

Depuis 2018, tu travailles avec deux agents d’art : Agnès Perpitch et Elodie Bringand. Quels sont tes nouveaux projets ? Comment décris-tu ton art ? Quels sentiments ou émotions essaies-tu de transcrire dans tes œuvres ?

Agnès et Elodie sont mes agents, mes conseillères. Leur excellent travail me permet d’exposer dans de nouveaux lieux en Europe. Une vraie richesse.

Quant à mes nouvelles réalisations, elles sont de plus en plus axées sur l’environnement, le choix de pigments naturels, l’utilisation de toiles de lin qui jouent un rôle sur la couleur de l’œuvre. 

Je cherche à ce que mon travail amène le spectateur à réfléchir, à revenir aux essentiels. 

Dans ma dernière exposition « Laisser Place », à Lisbonne, j’invite le spectateur à reconsidérer son rapport aux œuvres et à se laisser guider vers un espace inconnu et intérieur. À travers des objets appelés des « laisser-place », chacun est invité à re-créer par la pensée ce qui l’entoure.

Mes toiles reflètent deux univers, d’un côté mon « langage intérieur » mêlant le noir et le blanc, écriture composée progressivement sur la toile, et de l’autre, des toiles figurativesl’on retrouve des corps entremêlés, des modèles que je fais poser selon un certain rituel. Ces tableaux traduisent ma perception du monde qui vient à moi tel un « langage extérieur » que j’interprète. 

Qu’est-ce qui compte pour toi à travers ce parcours artistique ?

J’aime apporter quelque chose aux gens. En ce moment, tous les bénéfices de la vente des eaux des « Bains » sont reversés à l’association de la Source du peintre Gérard Garouste (association d’intérêt général à vocation sociale et éducative par l’expression artistique, à destination des enfants et des jeunes en difficulté, ainsi que leurs familles.) Une belle rencontre.

 Je crois d’ailleurs beaucoup aux choses comme l’amitié, qui a permis de faire naître notre collectif « Standart » et l’honnêteté que j’essaie de pratiquer au quotidien. À cause des réseaux sociaux, beaucoup d’entre nous ne vivent plus que par des rencontres indirectes et ne se regardent pas en profondeur. 

Depuis ton passage en ventes aux enchères publiques chez Côte basque Enchères dans le Carré XXIe siècle, as-tu eu d’autres ventes ?

Grâce à cette première expérience dans la maison de ventes Côte Basque Enchère, on m’a proposé de participer à la vente caritative de Piasa à Paris pour « aide ton soignant » qui m’a permis une nouvelle fois d’apporter par mon travail une contribution humaine et financière aux soignants pendant le Covid

TES COUPS DE CŒUR DU MOMENT

UN LIEU : LES BAINS (je rigole) et la nouvelle galerie d’art CHAMP LACOMBE de Lucy Chadwick à Biarritz

UN ANIMAL : mon nouveau lapin blanc et noir offert par mes amis Geoffrey et Olivier Granet 

UN OBJET : le « Laisser-Place »

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