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Côte Basque Madame N°26

L'interview

Sarah Poniatowski Lavoine, designer lumineuse

Propos recueillis par Christine Vignau Balency

Sarah Lavoine, architecte d'intérieur de renom ayant notamment travaillé pour les intérieurs de Mage, Facebook et L'Oréal, elle est venue sur la côte basque pour nous montrer ses talents. Nous avons rencontré cette femme d’affaires hyperactive à Biarritz, au Café de Paris qu’elle vient de relooker entièrement.

Sarah Poniatowski Lavoine baigne depuis l’enfance dans le milieu de la mode et du design. Son père a longtemps été le directeur de Vogue, sa mère était décoratrice. En 2002, c’est elle qui lance sa propre agence d’architecture d’intérieur, Maison Sarah Lavoine, devenant très vite une référence. Depuis, les projets s’enchaînent : des objets de décoration, du mobilier, des conceptions d’ambiances, l’ouverture de plusieurs boutiques, trois livres (Architecture d’intérieur, Ainsi soit style, Couleurs Sarah), une couleur « Bleu Sarah », une collection de prêt-à-porter, des rénovations remarquées (bureaux parisiens de Maje, salon VIP chez Facebook, siège de L’Oréal Luxe…), etc. Nous avons rencontré cette femme d’affaires hyperactive à Biarritz, au Café de Paris qu’elle vient de relooker entièrement. 

 

Comment s’est passée cette collaboration avec le Café de Paris ?

Au-delà de la relation professionnelle client-architecte, tous mes projets sont avant tout des aventures humaines. Et avec Sarah Brémond, la propriétaire, on a accroché tout de suite. Nous avions les mêmes goûts, les mêmes désirs et la même vision du Café de Paris. On voulait quelque chose de très vivant, chaleureux, moderne et confortable à la fois. Que l’on s’y sente comme à la maison. 

C’est une véritable métamorphose ! C’est vraiment très réussi.

Merci ! On a travaillé sur les espaces, les volumes, l’importance du bar et de l’accueil, la luminosité. On retrouve cette alliance de matériaux nobles et les matières naturelles que j’affectionne : parquet en chêne naturel, tables en pierre de lave colorée, panneaux de paille tressée, velours, encadrements de miroirs, luminaires en osier, végétation, éclairage délicat et apaisant, jolie vaisselle, déclinaison de bleu… 

Et cette vue sur l’océan…

Elle est magique ! Et ce, du matin au soir, quelle que soit la saison, quelle que soit la météo. En décoration, cette atmosphère intemporelle s’est traduite par l’association de matières, comme le velours et la paille par exemple. On a maintenant hâte de faire la suite, c’est-à-dire les chambres et la terrasse.

Quel est votre lien avec Biarritz et la côte basque ? 

J’ai passé beaucoup de temps ici adolescente, j’en garde des souvenirs d’été joyeux, festifs, avec beaucoup de monde. J’aime aussi Arcangues et l’arrière-pays.

En tant que spécialiste des couleurs, quelles tonalités vous attribueriez au Pays basque ?

Le rouge basque bien sûr. On le voit même à Arcachon où je vais régulièrement. J’aime ce rouge piment par touche, les rayures colorées du linge de maison, etc. L’identité est très forte ici.

D’où vient votre goût des belles choses et des matériaux raffinés ?

C’est un héritage familial en partie, et une nature curieuse d’autre part. J’ai été éveillée à l’art, à la nature, aux voyages. Ce qui est intéressant, c’est qu’on ne voit pas tous la beauté aux mêmes endroits. À mon tour, j’apprends à mes enfants* à savoir observer. À écouter. À oser. La transmission est très importante. 

Vous êtes femme, mère, parisienne, princesse polonaise, designer, décoratrice d’intérieur, auteure, cheffe d’entreprise… Qu’est-ce qui vous définit le mieux ?

(Rires) C’est le mélange de tout ça qui fait ce que je suis. Je suis multifacette, avec autant de passion pour mes enfants, que pour mon amoureux, que pour mon travail. Mes journées sont très remplies, j’ai des projets importants, ambitieux, mais ça me va ! Et je sais aussi me poser.

Justement, quels sont vos projets pour cette fin 2020 et l’avenir ?

La rénovation du château Ducru-Beaucaillou dans le Médoc sera finie pour les vendanges. J’ai le goût des belles choses… et du bon vin ! (rires) Sinon, j’ai beaucoup d’ambition pour la Maison Sarah Lavoine qui tend à être une marque « art de vivre » englobant décoration, maroquinerie, prêt-à-porter, beauté, etc. Aujourd’hui, 60 personnes y travaillent, nous avons dix boutiques en France et 120 points de vente à l’international.

L’international est-il un de vos axes de développement privilégiés ?

Oui, mais il a été un peu ralenti et nous pousse à réfléchir davantage. Privilégier les circuits courts, les matériaux recyclés, les artisans de qualité, diminuer la pollution plastique, fabriquer moins mais mieux… tout cela est dans notre démarche depuis deux ans.

Et cette prise de conscience a été accélérée par le confinement je suppose…

Bien sûr. Cette période nous a appris deux choses fondamentales : il faut avant tout profiter des gens que l’on aime, et il faut vraiment faire attention à sa façon de consommer. Bon, ça ne m’empêchera pas de voyager, mais j’ai davantage envie de faire un beau voyage au Japon avec mes enfants plutôt que plusieurs sauts de puce en avion.

Et pour le travail, privilégier la visioconférence ?

Il faut savoir s’adapter… Mais je préfère largement le contact !

Cet automne, nos lecteurs vont peut-être se retrouver davantage chez eux, notamment du fait du télétravail. Quels seraient vos conseils pour rendre nos intérieurs chaleureux ? 

C’est vrai que la maison est une valeur refuge. Il est important de se sentir bien chez soi, d’avoir un cocon. Mais chacun a sa façon de vivre et de voir les choses, donc il est difficile de donner un conseil en particulier. Personnellement, j’ai besoin de douceur. J’attache beaucoup d’importance à la lumière, aux bougies, au feu de cheminée, ainsi qu’aux matières naturelles comme le bois, le lin ou le velours qui m’apaisent et me rassurent.